Quelle efficacité pour une critique institutionnelle hors des institutions?

Par Edith Brunette
Texte publié dans ETC revue de l’art actuel, nº 95
Printemps 2012
EXTRAIT

«La rédaction du texte suivant a eu lieu en octobre 2011, alors que des milliers d’indignés à travers le monde emboîtaient le pas de Occupy Wall Street, envahissant les places publiques avec leurs tentes et leurs espoirs de démocratie directe. Au Square Victoria, à Montréal, dès le second jour de l’occupation, l’assemblée générale s’achevait sur les interminables tentatives d’un homme pour lancer une corde attachée à un soulier au sommet de la statue de l’ancienne reine. Comment, est-on alors en droit de se demander, continuer de croire au potentiel révolutionnaire  ou même seulement réformateur  d’un mouvement dans lequel cent personnes en regardent une seule projeter à répétition un soulier dans les airs, en applaudissant et en prenant des images vidéo avec leurs téléphones intelligents? Parallèlement, comment croire à l’impact politique  ou même simplement intellectuel  d’une œuvre que contempleront quelques dizaines ou millions d’individus, que celle-ci se trouve dans un musée, dans une assemblée d’actionnaires ou sur un panneau publicitaire? Questions politiques et esthétiques fortuitement rapprochées dans un incipit trop vaste? Ou question de l’efficacité de la critique, en somme?»