Mile-End Mapping:
une carte avec ruelle

Par Edith Brunette
Texte d’accompagnement du projet Le Mile-End cartographié, présenté au centre d’artistes articule (Montréal)
Octobre 2011
EXTRAIT

«On s’est mis à parler de l’art qui n’est pas montré. Art queer, art activiste, art des immigrants, des minorités en général. Des arts qui ont leurs enclaves, de préférence en périphérie, de préférence entre eux, ailleurs. D’immenses enclaves parfois, spectaculaires même: une exposition sur l’art contemporain chinois au Musée des Beaux-Arts, par exemple. Expositions prestigieuses qui regroupent les artistes par pays, par sexe, par caste, réduisant l’épaisseur d’une démarche à sa plus simple, sa plus visible étiquette, matériau d’un nouvel exotica à 15$ l’excursion. Et pendant que ce même musée, temple admis du grand art, ratisse de plus en plus large et sans complexe du côté de la mode, du design, de la musique ou du cinéma populaire, nombre d’artistes, commissaires et critiques s’empressent d’exclure de leur vocabulaire et de leur pratique tout ce qui pourrait renvoyer leur travail aux champs de l’art populaire, du communautaire, de l’activisme social, voire simplement du politique.»