Caméraroman
2011

À l’hiver 2010, dix interventions discrètes furent réalisées dans des espaces publics montréalais. Reprenant des scènes de dix comédies romantiques (Bridget Jones’s Diary, Pretty Woman, Dirty Dancing…) , elles recréaient une narration archétypale du genre (la célibataire esseulée, la rencontre conflictuelle, la complicité qui se développe, la rupture pour de mauvaises raisons, etc.) Interprétées par des non-acteurs, sans accessoires ni éclat, et transposées dans des espaces du quotidien (métro, place publique, hall d’entrée), les performances jouaient sur l’écart entre la réalité et ses représentations.

Les espaces choisis pour les performances avaient en commun d’être sous surveillance vidéo. Arguant d’un droit d’accès à l’information, la suite du projet consista à réclamer des copies des bandes vidéo. Il s’agissait de documenter les interventions, mais, surtout, les failles de la réglementation sur la vidéosurveillance.

L’exposition présentée à la Galerie de l’UQAM à l’automne 2011 incluait dix moniteurs – un pour chacune des scènes -, dont les écrans souvent noirs devenaient les témoins des refus des institutions. Une documentation écrite comprenant les scénarios des performances, les lettres de réclamations et les réponses des institutions complétait l’installation.

[article de Jérôme Delgado − Le Devoir]